lundi, janvier 04, 2010

LES HUMEURS DE JADE:
Ouganda mon amour

Les Humeurs de Jade: Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est HALLELUJAH de Rufus Wrainwright).

Molière n'a pas créé le concept du bouc émissaire, mais il l'a très bien décrit: "Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage". On pourrait aisément le paraphraser avec l'actualité courante: "Qui veut éliminer un mouvement sécessionniste, l'accuse de dissension politique", "Qui veut éliminer les immigrés, les accuse de créer le chômage", etc. La dernière déclinaison en date de ce concept dont je voudrais vous entretenir est "Qui veut éliminer l'homosexualité, l'accuse de corrompre la jeunesse." Et c'est en passe de se réaliser en Ouganda avec l'aval des autorités politiques et religieuses locales.
carte
L'Ouganda est un petit pays d'Afrique de l'Est (environ un tiers de la superficie de la France pour la moitié de sa population) coincé entre le Congo-Kinshasa, le Kenya, le Rwanda, le Soudan et la Tanzanie.
Dans cette ancienne colonie britannique, la criminalisation de l'homosexualité a été apportée par les colons. A l'indépendance, cette loi n'a pas été retirée: l'article 140 du Codé pénal ougandais punit aujourd'hui encore les « relations charnelles contraires à l'ordre de la nature » d'une peine pouvant atteindre quatorze ans d'emprisonnement. Cette loi englobe donc toutes relations autres que celles pouvant entraîner la procréation: fellation, cunnilingus et évidemment la sodomie, quelque que puisse être le sexe des partenaires. Elle ne vise donc pas les homosexuels en particulier.

Mais ceci pourrait changer avec une loi actuellement en débat au parlement ougandais. Un crime d'homosexualité sera alors créé avec une peine plus dure à la clé. Proposé au nom de la protection des enfants (tant il est bien connu qu'homosexuel et pédophile sont synonymes), cette loi institue pleinement le crime d'homosexualité, passible dans la mouture actuelle d'emprisonnement à vie. Bien entendu, ceci est un geste de modération des législateurs ougandais qui prévoyaient initialement la peine de mort.
Cette modification a été librement décidée récemment parce que "nous pensons aujourd'hui que la prison à perpétuité serait une meilleure solution parce qu'elle offre aux contrevenants la possibilité de se racheter". Et bien sûr cela n'a rien à voir avec le tollé que ce projet de loi suscite en Occident.

Pour faire bonne mesure, le projet de loi prohibe toute promotion de l'homosexualité (interdiction de publier des informations, de fournir des fonds, des lieux ou toute autre ressource pour mener des activités sur ce sujet) avec une peine allant jusqu'à sept ans d'emprisonnement.

De plus, le projet de loi ajoute un délit de complicité du crime d'homosexualité qui peut condamner à trois ans d'emprisonnement toute personne ayant connaissance d'un homosexuel et ne l'ayant pas dénoncé dans un délai de 24 heures.

Et enfin, ce crime d'homosexualité peut faire l'objet d'une demande d'extradition de la part des autorités ougandaises même si l'acte incriminé s'est produit à l'étranger tant que la personne extradée est de nationalité ougandaise ou résident permanent en Ouganda.

Ce joli petit texte, soutenu par tous les représentants des partis en place avec l'aval béni de tous les responsables religieux du pays, va donc désigner au peuple ougandais un ennemi intérieur qu'il aura à coeur de dénigrer, maltraiter, emprisonner et torturer. Et pendant ce temps, il ne s'occupera pas d'autres affaires plus importantes (Quelqu'un a dit corruption, fraude électorale, favoritisme?)
Et puis ce sera tellement facile après pour museler les opposants politiques et les journalistes. Pensez donc: un crime qui ne laisse pas de trace, qu'on peut donc attribuer à tout le monde! Il n'y a plus qu'à accuser une personne d'un groupe politique ennemi du pouvoir d'homosexualité! Puis d'emprisonner tous le groupe pour non-dénonciation du crime.

Au delà de ces atteintes graves aux droits fondamentaux, que va devenir le pays le plus en pointe dans la prévention du sida en Afrique? L'Ouganda est parvenu par une politique volontariste d'information et d'abstinence à devenir le meilleur élève de l'Afrique en terme de prévention de transmission du sida, à tel point que l'ONU envisageait d'y implanter un centre de recherches (à l'imparfait puisque la décision est maintenant fonction de l'adoption ou du rejet de ce projet de loi inique). Comment faire des campagnes de prévention ciblées si on ne peut plus s'adresser aux homosexuels?

dimanche, janvier 03, 2010

A VOIR... OU PAS:
Accident (Cinéma)

A voir... ou pas: Les films, spectacles, émissions, que j'ai aimés ou détestés. Ces divertissements qui valent le détour soit pour aller les voir, soit pour les éviter. Tout ce qui justifie que le lézard vert se fende d'un avis que personne n'ira lire.


Informations générales:
Accident

Thriller chinois (Hong-Kong) d'1h29
produit en 2009
de Soi Cheang
Avec Louis Koo, Richie Ren, Shui-Fan Fung

Date de sortie en France : 30/12/2009
Distributeur : ARP Sélection

Résumé:
Votre métier est de déguiser des meurtres en accidents.
Vous savez que vous n'êtes pas seul à faire ce métier.
Votre femme est morte dans un accident de voiture.
Quand un de vos coéquipiers meurt renversé par un tram, faut-il vraiment croire à l'accident? Théorie du complot ou simple paranoïa?

Note:
Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy

Conseil:
Un très bon thriller psychologique avec un finish haletant. Déconseillé aux enfants dû à quelques scènes un peu rudes.

Critique (Attention spoiler. Ce paragraphe contient des vrais morceaux du film inside):
J'avoue que je m'attendais plus ou moins à un genre de "Dead like me", cette série américaine où les héros doivent deviner comment l'inéluctable mort survient. Au lieu d'une longue chaîne de morts prédestinées, on y voit une longue suite de morts accidentelles mais parfaitement prévues.

Ce film est thématiquement coupé en deux parties: une première où l'on voit le "travail" du Cerveau, personnage principal du film, et une deuxième où l'on suit son enquête pour trouver le coupable. Ceci peut déstabiliser beaucoup de spectateurs qui passent assez abruptement de l'équivalent d'un film de casse de banque (préparation de l'opération, réalisation) à un thriller psychologique (qui est ennemi, neutre ou ami?). Mais cette évolution découle naturellement de l'histoire et est donc pleinement justifiée.

Suivant ce découpage, la caméra est descriptive dans la première partie, son rendu est neutre, elle montre les faits, touts les faits avec des images légèrement floues mais riches de couleurs, décrivant un Hong-Kong urbain et animé. Dans la seconde, elle devient ensuite une vue subjective: on ne voit que ce que voit le Cerveau, personnage central. On n'entend plus que ce qu'il entend, avec toutes les ambigüités d'interprétation possibles.

La force du film est de parvenir à humaniser le Cerveau sans pour autant lui faire quitter son rôle de manipulateur froid et calculateur. Ceci est réalisé par son amour de la musique, l'ajout de visions de sa femme défunte, par le refus du Cerveau d'utiliser l'accident routier (cause du décès de sa femme) comme vecteur meurtrier et bien sûr l'utilisation de ce même vecteur pour essayer de se venger.

Le dénouement final du film est relativement clair si vous ne faites pas l'erreur d'oublier que dans sa hâte, le Cerveau a été reconnu par son voisin du dessus.

samedi, janvier 02, 2010

A VOIR... OU PAS:
Le Vilain (Cinéma)

A voir... ou pas: Les films, spectacles, émissions, que j'ai aimés ou détestés. Ces divertissements qui valent le détour soit pour aller les voir, soit pour les éviter. Tout ce qui justifie que le lézard vert se fende d'un avis que personne n'ira lire.


Informations générales:
Le Vilain

Comédie française d'1h26 produit en 2008
d'Albert Dupontel
avec Albert Dupontel, Catherine Frot, Bouli Lanners

Date de sortie en France : 25 novembre 2009
Distributeur : StudioCanal

Résumé:
Maniette est une vieille femme encore fringante mais qui est fatiguée de vivre. Tout peut arriver autour d'elle, elle semble toujours en sortir indemne par une chance inouïe; à tel point qu'elle se convainc que si elle est toujours en vie, c'est parce que Dieu a encore une mission pour elle. C'est à l'occasion du retour de son fils à la maison après 20 ans d'absence qu'elle découvre ce qui lui reste à faire de sa vie...

Note:
Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Arg

Conseil:
Un très bon film à voir ou revoir en famille, avec presque aucun temps mort. On se tord de rire devant la méchanceté naïve du fils, l'obstination rusée de la mère, les chutes choquantes de Pénélope et l'alcool désinfectant du docteur. On en ressort détendu et diverti.

Critique (Attention spoiler. Ce paragraphe contient des vrais morceaux du film inside):
On pourrait dire que le charme de ce film est très certainement dans le duo Catherine Frot/Albert Dupontel liés dans un duel mère/fils aussi déjanté qu'inattendu. Mais il est plus juste d'avancer que le film tient sur des ressorts cartoonesque. A l'instar d'un Titi et d'un Gros Minet, d'un Tom et d'un Jerry, les deux antagonistes s'écharpent, s'étripent, se font tirer dessus sans jamais mourir. Les subterfuges et déguisements utilisés sont issus de la vie courante mais pourraient tout autant sortir de la ACME Company. Et bien sûr, en bons ennemis intimes, ils s'allient parfois pour affronter un adversaire commun.

Bien entendu, on a aussi droit au traditionnel moment de sentimentalité qui est censé justifier le comportement du Vilain mais la résolution de ce film est aussi digne d'un cartoon: rien n'est résolu! Le Vilain est toujours méchant, la mère toujours vivante, la tortue toujours là. On pourrait supposer qu'à l'instar des auteurs hollywoodiens, l'auteur a préparé la voie pour une suite, un "Retour du Vilain" qui serait bien sûr inutile et un véritable navet. Mais la vérité serait plutôt que comme dans les dessins animés, il ne faut jamais faire progresser l'intrigue principale.

Albert Dupontel a donc réussi à nous cuisiner un sitcom au cinéma. Il ne faut pas s'en plaindre. Le résultat peut sembler léger mais il reste savoureux. Et après tout, on en demande pas plus de la cuisine.

vendredi, janvier 01, 2010

A VOIR... OU PAS:
Tu n'aimeras point (Cinéma)

A voir... ou pas: Les films, spectacles, émissions, que j'ai aimés ou détestés. Ces divertissements qui valent le détour soit pour aller les voir, soit pour les éviter. Tout ce qui justifie que le lézard vert se fende d'un avis que personne n'ira lire.


Informations générales:
Tu n'aimeras point (Einaym Pkuhot)

Drame français, israélien, allemand d'1h30 produit en 2009
de Haim Tabakman
avec Zohar Strauss, Ran Danker, Ravit Rozen

Date de sortie en France : 2 septembre 2009
Distributeur : Haut et Court

Résumé:
Les affres d'Aaron, un Juif ultra-orthodoxe, déchiré entre son milieu et son éducation, et son amour pour Ezri, un jeune homme de 22 ans.

Note:
Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Arg

Conseil:
Un très bon film pour rappeler, malgré l'opinion hollywoodienne, que le cinéma peut divertir tout en faisant aussi réfléchir. Peut-être un peu long au début mais qui se rattrape ensuite.
N'emmenez pas des enfants: il n'y a aucune scène particulièrement choquante mais ils s'y ennuyeront complètement.

Critique (Attention spoiler. Ce paragraphe contient des vrais morceaux du film inside):
Avouons-le, le film est un peu lent à se mettre en place. Pour qui a l'habitude des productions hollywoodiennes où trois scènes mettent en place le contexte, l'approche peut être rébarbative.

Mais une fois intégré ce parti pris de réalisation, on ne peut qu'être touché par les silences significatifs du film, de cette montée de la tension entre les deux protagonistes principaux du film. Oui, ils finiront par y succomber, mais au terme d'une retenue ignorée généralement par le gay français.

Evidemment, à partir de ce moment, se doit d'être traité le problème du regard de la société sur cette relation et bien sûr la gestion de cette infidélité par l'épouse. Exeunt cependant les affres d'Aaron: son attirance satisfaite, il ne semble plus avoir de débats intérieurs par rapport à ce comportement "impur". Plus de doute, pas de mortification d'avoir succombé. C'est un peu dommage, il y avait là, à mon sens, matière à développer.

Très bonne description du cheminement de Rivka, l'épouse bafouée, du contentement domestique à la cruelle vérité. Le personnage est un peu falot, mais la douleur digne et muette de cette femme qui voit son mari s'éloigner d'elle et ne sait comment y réagir, est très bien présentée.

Parallèlement à l'intrigue principale, on a une histoire secondaire qui décrit rapidement l'amour désespéré de Mortechai, un autre jeune de cette communauté juive ultra-orthodoxe, pour Sarah, une de ses voisines malheureusement promise par son père à quelqu'un d'autre. Sarah finira mariée contre son gré à son promis après que Mortechai ait reçu une visite réprobatrice de trois "Justes" (dont un Aaron réticent) qui lui rappelleront sa place dans cette société.

Cependant, l'intérêt principal du film réside finalement dans la réaction de la société à l'amour entre Aaron et Ezri. La rumeur d'abord ("Des gens du quartier sont impurs mais se déguisent en justes."), et la calomnie ("On vous vend dans cette boutique de la viande non-kasher malgré l'autocollant proclament le contraire."), puis la violence anonyme (des pavés jetés dans la vitrine d'Aaron) et enfin l'intimidation (des jeunes s'érigeant en gardiens de la vertu venant menacer Aaron pour "protéger leurs enfants"). On y voit complètement développé le cycle de génération de l'intolérance.

J'ai été particulièrement choqué par les deux scènes d'intimidation: imaginez un boutiquier apostrophé par trois quatre jeunes hommes habillés de noir. Leur chef parle pendant que les autres restent là, le visage impassibles et il insinue et menace: "Arrête de faire ça ou...". Le seul mot qui m'est alors venu à l'esprit était "Gestapo". Mais nous sommes en Israël n'est-ce pas? Et ce sont des juifs non? Et pourtant le mot est là, ne peut qu'être là: Gestapo!

Et pourtant Aaron résiste. Comme il l'explique au rabbin en un plaidoyer saisissant de vérité: "Avec Ezri je suis vivant! Et avant, j'étais mort!"

Evidemment, il n'y a que trois solutions possibles à ce noeud gordien: la mort, la fuite ou la reddition. Et c'est la dernière qui est logiquement prise par le scénariste: Ezri s'en ira, Aaron retournera avec sa femme et ses quatre enfants, retrouvant une vie sociale et une mort vivante.

Ce film pose avec justesse une question sur le poids de l'interdit et du regard de la société sur les comportements humains. En dehors du fait anecdotique que la société décrite soit juive ultra-orthodoxe, il pousse à nous faire réfléchir sur la réaction d'une société face à ce qui sort de la norme et comment on peut être à la fois victime (Aaron est rejeté parce qu'homosexuel) et bourreau (il participera à la remontrance de Mortechai afin de le remettre sur le droit chemin).

samedi, décembre 12, 2009

METABLOG :
La ressurrection

Métablog: n.m. du grec meta, (qui dépasse, qui englobe) et de l'anglais blog (journal de bord électronique, abrégé de weblog); journal électronique d'un journal électronique.



En vérité je vous le dis: à vous qui me croyiez mort, à vous qui m'aviez enterré depuis deux ans, je ne suis pas mort. La bête est encore vivante, le cadavre toujours chaud. Et je renais enfin aujourd'hui: Alléluia!

Pourquoi une telle absence? Un tel silence? Mon Créateur s'étant forgé une existence tranquille, ne s'était plus soucié de me faire parler. Le contentement n'a jamais eu rien à étaler qu'une tiédeur fadasse, un miel sirupeux écoeurant et indigeste. Et dans Sa grande intelligence (flanquée de Sa grande paresse), Il a décidé de me taire. Et vous et moi aurions pu en rester là.


La douleur par contre, elle, n'a de cesse de s'extérioriser: on en fait des textes, des poèmes, des chansons, des films, des sculptures, des peintures,... Bref de l'Art.

Est-ce à dire que mon Créateur souffre actuellement? Peut-être. Ce n'est pas parce qu'on a été intronisé Sa voix que l'on en comprend mieux Son raisonnement. La bouche peut-elle comprendre les raisons du cerveau?

Quoi qu'il en soit, le fait est que mon cri s'élève de nouveau sur les mers électroniques mondiales, mon cri peut de nouveau être perçu. Et il retentit fort pour dire "Alléluia! Je renais enfin aujourd'hui."

vendredi, juillet 07, 2006

LES HUMEURS DE JADE:
Je hais les pigeons

Les Humeurs de Jade: Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est WHAT'S YOUR SIGN de Des'ree).

7h57.
Tout proche, un claquement d'air caractéristique d'une paire d'ailes me réveille en sursaut de ma torpeur matinale. Alons bon! Vu la force du bruit, l'emplumé gris a confondu la fenêtre ouverte de mon salon avec l'ouverture d'une de ces cavernes dans laquelle ses ancêtres ont construit leur nid. Je me tâte un instant: faut-il sacrifier les quelques minutes de sommeil qui me restent à chasser le pigeon de mon salon? Les risques envers la moquette de mon salon me convainquent finalement de me lever pour chasser l'intrus.

Vous n'avez jamais vu de la fiente de pigeon? C'est blanc et vert foncé, ça colle quand c'est frais, c'est dur quand c'est sec. C'est tellement acide que ça ronge les peintures et la pierre si vous faites l'erreur de la laisser là où ça tombe. Bref, ma haine des pigeons tient plus à leur habitude malsaine de distribuer joyeusement les résidus de leur digestion à tout ce qui à le malheur de traîner en dessous d'eux que d'une quelconque peur des virus qu'ils pourraient trimballer.

Observez-les se pavaner en hauteur, perchés sur un quelconque monument parisien. Leur yeux ronds vous jugent et vous scrutent: 350 degrés d'angle de vision pour s'assurer qu'ils sont en sécurité. Ils savent que vous les regardez, mais savent aussi que vous ne pouvez pas les attendre. Alors, d'un pas rapide mais décidé, ils s'approchent du bord, se retournent et lâchent une longue ventrée de guano. Comme ils ne sont pas bien intelligents, ils ne visent pas très bien. Le jet macule presque toujours le support, s'étire en une traînée le long de la façade en dessous et vient généreusement étoiler le sol.

Bien entendu, le terne volatile est introuvable dans le salon. Je suppose qu'il s'était perché sur la balustrade de la fenêtre et que son envol m'a réveillé. Sur le tapis sous la fenêtre, deux plumes de duvet de pigeon attestent de son existence. Je regarde l'heure, ramasse les deux plumes et m'en débarasse par la fenêtre. Distraiement, je suis leur descente jusqu'à la cour en bas. Je laisse la fenêtre ouverte, la fraîcheur du matin est agréable.

Revenant dans la chambre, je me laisse tenter par le lit et me recouche pour un micro-roupillon. Je commence à repartir vers Morphée quand un nouveau claquement d'ailes me réveille. Le bruit est TRES proche! Je me retourne sur le dos dans le lit. Là! Sur la tringle du rideau de la fenêtre de la chambre, une paire d'yeux me toisent! Saloperie de pigeon! Il est entré pendant la nuit!

Je me lève derechef et chasse l'impertinent de la chambre vers le salon. La fenêtre ouverte est trop tentante, l'oiseau fonce et quitte définitivement mon domicile. Un peu perturbé par cet intrusion, je me mets à me rappeler quelques faits. En partant hier matin, j'ai remarqué qu'une chemise que j'avais laissé pendue à la poignée de la fenêtre avait été tachée par une fiente de pigeon. Sur le coup, j'avais juste pensé avoir la malchance de passer sous un perchoir au moment précis d'un bombardement aviaire. Puis, hier soir, une tâche blanche suspecte sur le tapis devant mon bureau, tâche pulvérulente qui s'était désagrégée à la première inspection de mon ongle. Juste un bout de craie ramené sous les chaussures?

Un soupcon m'étreint, un oeil neuf commence à examiner l'appartement familier à la recherche de perchoirs potentiels. La tringle du rideau de la chambre est la première mise en garde à vue. Puis au vu des tâches sur la moquette, rapidement inculpée. La moquette est tâchée, la vitre affiche une traînée verdâtre. Le drap de bain négligemment étalée sur l'aspirateur qui trône sous le coin de la fenêtre est souillé. Le rideau, pourtant juste en dessous du profanateur semble, miraculeusement, intact.

Commence alors un gymkana pour récupérer le tabouret, trouver un détergent -Zut, presque plus de nettoyant pour vitres, faudra en racheter.- et nettoyer les traces du délit. Je commence inefficacement avec la première chose qui me vient à l'esprit, du PQ, avant de réaliser, au dixième feuillet, que l'étendue des dégâts va me bouffer le rouleau. Je vais chercher son grand frère le fameux sot Palin afin de finir la vitre et le dessus de la fenêtre. Au vu de la sécheresse de certaines traces, le volatile s'est invité chez moi hier après-midi par la seule fenêtre ouverte, celle de la cuisine.

Je passe l'aspirateur pour récupérer ce qui est aspirable de la moquette. J'enchaîne avec la tringle du salon. Ouf, pas de dégât apparent. Juste une fiente séchée perdue sur les boîtes à chaussures sous la fenêtre. Je gratte le résidu crayeux, balance les chiffons de cellulose dans la poubelle de chambre et part ranger le produit lave-vitres dans la cuisine.

De retour dans la chambre, je remonte sur le tabouret afin de m'assurer d'un doigt que le dessus de la tringle n'est pas sali: ouf, pas de mal. Et mon regard tombe sur le dessus poussièreux de ma petite étagère... Des traces de pattes, évidentes dans la poussière grise sur le noir des baffles qui couronnent l'étagère! Mon sang ne fait qu'un tour, une rapide translation du tabouret révèle que la baffle jumelle a subit les ultimes outrages. Je repars dans la cuisine récupérer mes agents tensio-actifs. Nettoyage.

Mon oeil scrutateur détaille les autres perchoirs potentiels. Parmi les livres surplombant l'étagère, je découvre un autre oeuf de Pâques, délicatement collé entre les deux couvertures cartonnés d'un album de BD. Heureusement, mon pavé sur M.C. Escher semble intouché. Loués en soient les Muses.

Le dessus de ma porte de ma penderie, perpétuellement ouverte, n'a apparemment pas plu au malotru. Le dessus de la porte séparant le salon de la cuisine a manifestement gagné le concours: le blanc du radiateur a été cassé par un filet noirâtre, une écharpe sur un des porte-manteaux arbore une pointe de couleur qui jure avec ses teintes habituelles.

Je nettoye au mieux, le temps passe et il va falloir partir pour le boulot. Tant pis pour le semblant de ménage que je comptais faire ce matin, j'essayerai de le faire ce soir. Si j'en ai le temps. Pour aujourd'hui en tout cas, au diable la canicule, la fenêtre va rester fermée.

samedi, janvier 21, 2006

ARTUR:
21 Janvier 2006

Chirac n'est pas parvenu à convaincre l'Europe d'abaisser la TVA de la restauration à 5,5%.

jeudi, juillet 07, 2005

LES HUMEURS DE JADE:
Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

Les Humeurs de Jade: Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est VEILLER TARD de J.-J. Goldman).

Ce soir, je me sens toute chose, un peu éparpillé. Avec un vague sentiment de malaise au fond de moi. Est-ce la conséquence indirect du choix du Comité International Olympique? Peut-être. J'avoue avoir espéré aujourd'hui que Paris gagnerait, avoir espéré qu'un projet fédérateur, dépassant les clivages d'une société intoxiquée par ses acquis de classes, ses préjugés de race et sa classe politique rapace, pourrait pousser tout le monde à retrousser ses manches pour sortir par le haut de la crise que vit notre pays.

Ce joli projet avait réussi pourtant à souder un maire de gauche à un président de droite, était parvenu à éteindre momentanément les feux des conflits politiques dans une paix intéressée quasi-générale (hormis bien entendu un aréopage hétéroclite de détracteurs impénitents d'extrémistes politiques anti-fric, anti-mondialisation, etc). Même les syndicats, prompts à s'élever en opposition, avaient souscrit à cette Pax Olympica.

Bref, c'était le meilleur prétexte pour avancer ensemble dans un but commun. Un excellent moyen de donner au Peuple en plein marasme, l'espoir des Jeux du Cirque et par les efforts pour les obtenir, générer du Pain pour le nourrir. La boucle était bouclée. Dopé par un effet Coupe du Monde 1998 bis, Chirac pouvait espérer voir sa popularité remonter, Delanoë dépassait enfin le niveau de Paris-Plage dans son programme de Gentil Organisateur culturel municipal.

Un beau rêve qui s'est donc écroulé aujourd'hui, pour quatre petits doigts, nus ou gantés, boudinés ou bagués, qui ont ripé sur la console et tapé le 8 (Londres) au lieu du 7 (Paris). Eh oui, c'est comme pour la Starac', il n'y a qu'un gagnant. Le dauphin de l'élection s'en retourne, les rêves brisés, lécher ses plaies d'amour-propre dans l'indifférence générale.

Et la France se retrouve dégrisée, sans projet fédérateur, à contempler l'indicible perspective d'espérer silencieusement pendant deux ans encore le décès du président-monarque afin d'échapper à la possibilité d'un troisième règne (voire pire, l'avènement d'un médiagénique trop énergique ou d'un gentil doudou trop mou).

Maintenant que notre béquille mentale s'est effritée à Singapour, que faire? Que faire sinon espérer qu'enfin quelqu'un là-haut dans les sphères éthérées du pouvoir réalise que les mesurettes cosmétiques successives ne font que délayer une sauce que, la dette croissante aidant, la France devra avaler tôt ou tard?

Au final, ce qui me trouble dans ce constat, c'est que ce grippage du système se reproduit à mon échelle personnelle. Je pensais aux Jeux pour relancer l'économie et, du coup, ma pauvre petite propre situation. Et j'ai maintenant l'insidieuse sensation que si je ne donne pas bientôt un coup de pied salvateur dans le fouillis de ma situation professionnelle, elle va forcément finir par se dégrader.

Peut-être m'inquiètè-je trop facilement, mais cette phrase tourne dans ma tête maintenant: "Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark."

mercredi, juillet 06, 2005

TRAIT D'ACTU:
Coeur brisé

Le Comité International Olympique choisit Londres pour les Jeux d'été 2012.

mardi, juillet 05, 2005

TRAIT D'ACTU:
Hep patron!

Le MEDEF doit se choisir aujourd'hui un successeur à Ernest-Antoine Seillière.

samedi, juillet 02, 2005

LES HUMEURS DE JADE :
Halte à la Gaystar Academy


Les Humeurs de Jade:Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est COME WHAT MAY de N. Kidman et E. McGregor (tiré de la BOF du film Moulin Rouge)).

Je viens de trouver sur le blog de Mike © la jolie publicité ci-dessus. Et bien entendu, ce truc me fait monter sur mes grand chevaux.

On ne sait donc plus comment exploiter le "filon" gay:

Ils ont d'abord tapé directement dans le coeur de cible marketing et réduit la spécificité au maximum: rézos téléphoniques et minitel, lieux de rencontres (bars et boîtes) et magazines papier glacé. "Après tout, nous ne répondons qu'à un besoin." Et j'avoue qu'en ces temps-là, je n'ai pas été le dernier à avoir répondu à ces sirènes tentatrices: c'était les prémices d'un éveil, les tâtonnements précautionneux d'un tabou social que Mitterand venait d'abolir (Je rappelle au plus jeunes d'entre nous qui me lisent que c'est bien Mitteux en 1981 qui a fait supprimer les articles de loi condamnant l'homosexualité (lois iniques et scélérates instituées par Vichy et que la Libération a mystérieusement laissées en place, alors que le reste était passé par pertes et profits)), les premiers pas d'un prisonnier libéré qui s'avance, ébloui, vers la lumière extérieur: c'était grosso modo les années 85-95.

Puis on a découvert (outre-Atlantique d'abord) que les gays étaient des dinks (double-income-no-kid = plus d'argent que les hétéros à dépenser dans des futilités) qui avaient généralement plus de revenus que l'hétéro moyen (Logique: vous voyez, vous, l'homo ouvrier de l'époque, avec l'homophobie ambiante, aller acheter au marchand de presse du village le Gai-Pied dans lequel se trouvait précisément le sondage?), et qu'ils étaient plus éduqués (cf. Logique précédente. De plus, quelle meilleure excuse à l'époque pour quitter le village familial étouffant pour la grande ville la plus proche et son anonymat certain, pour enfin pouvoir vivre?). Les entreprises ont commencé à viser ce segment marketing, en insufflant assez d'argent pour culminer finalement en la création un magazine qui soit moralement irréprochable (Vous imagineriez, vous mettre la pub de vos yaourts en face d'une pub 36-15 avec la photo d'hommes dénudés, shocking!!!!) , vous avez deviné? Têtu!!!!! C'était les années 95-00.

Soyons clair, je ne critique ni le fait que ce soit le marketing, donc l'argent, qui nous a mis en lumière, ni Têtu. Sa création correspondait à un besoin des entreprises mainstream pour viser le public idoine. La normalisation de l'homosexualité qui s'en est suivi et qui a finalement débouché sur la création de Pink ne peut être que bénéfique. Non, ce que je critique (et on en vient finalement à la publicité ci-dessus), c'est que l'on applique les schémas du marketing de masse à la masse des gays.

Que lisez-vous dans cette publicité? Moi j'y vois (mais je peux me tromper, et mon avis influencera-t-il vraiment l'issue de ce sujet?) l'amorce d'une Gaystar Academy. Certes, nous n'allons pas non retrouver demain soir devant Pink à tapoter fiévreusement sur notre téléphone mobile les touches d'un "3668 suivi de 1 si vous votez pour le texte de Patrick, 2 si vous votez pour le film de Sébastien, 3 si vous..." pour envoyer un SMS surtaxé à 60 centimes l'unité. Mais au finish, n'est-ce pas là finalement exploiter la soif de reconnaissance de certains pour obtenir un dvd à VENDRE!?

Si l'on désire à ce point exposer sa "vie, [son] nombril, [son] cul, [son] milieu, [son] entourage", pourquoi ne pas le faire sur le net, dans un site ou un blog, où au finish votre intimité restera votre propriété intellectuelle? N'est-il pas plus facile aujourd'hui, avec le taux important et toujours grandissant de couverture haut-débit en France, pour un jeune gay qui se cherche de puiser gratuitement dans le web à partir de sa chambre, plutôt que commander, payer et obtenir par la Poste un dvd?

Lisez les petits caractères en bas: si vous voulez récupérer votre bien, c'est vous qui payerez les frais de retour... Voilà donc une société qui demande votre aide (Parce que s'ils n'avaient pas besoin de vous, vous croyez qu'il auraient dépensé de l'argent à faire une pub?), mais vous la fait payer!? "Viens chez moi m'aider à réparer mon disque dur, ah... et je te préviens, tu paye ton trajet aller-retour, hein? Parce que tu seras la 5375ème personne à venir et j'ai pas envie de le payer à tous le monde. Déjà que je suis pas sûr que ta prestation sera retenue..."
Et tout ça pour quoi, me demanderiez-vous? Pour avoir la "chance" de d'être inclus dans un dvd
après avoir touché un prix forfaitaire minuscule pour sa propriété intelllectuelle, prix forfaitaire par ailleurs, je le parie, inférieur au prix dudit dvd que l'on s'empressera d'acheter, histoire de se faire mousser auprès de ses copains.

Bref, cette publicité ne vend pas votre opinion sur le monde, elle vous vend le dvd que vous achèterez pour vérifier si, on ne sait jamais, votre film est retenu. Et vous avez gagné quoi? L'illusion momentané que vous êtes une star, un digne représentant de la prochaine Gaystar Academy. Moi pour rêver, je joue au Loto. Certes, je n'ai qu'une chances sur 14 millions de gagner, mais je sais que si je gagne, ce ne sera pas quelque chose d'aussi évanescent que la gloire.

vendredi, juillet 01, 2005

METABLOG :
Je prêche dans le désert

Métablog: n.m. du grec meta, (qui dépasse, qui englobe) et de l'anglais blog (journal de bord électronique, abrégé de weblog); journal électronique d'un journal électronique.

Je suis né il y a à peine 36 heures, et déjà je braille.

Ce n'est pas que je sois mal nourri: mon Créateur a honteusement fouiné dans ses cartons pour ressortir de vieux textes mangés aux mites, histoire de faire semblant d'avoir pondu des posts. Il a aussi fait l'effort, faute de scanner, de refaire en version électronique le premier TRAIT D'ACTU qu'il a imaginé, du coup la finesse du dessin n'est pas trop perceptible, mais l'idée passe et c'est ce qui importe.
Non, je suis suffisamment nourri, merci de votre sollicitude.

Le Créateur n'est pas encore satisfait de mon aspect. D'accord, j'ai fière allure, habillé du modèle "Vert émeraude" procuré par le site de blog. Mais je ne suis pas assez original, pas assez-ci, pas assez-ça. J'avouerai que je partage Son point de vue. Le site est très bien, mais les modèles proposés sont... euh... disons d'un goût discutable (Vous avez pensé kitsch!? C'est que je l'ai pensé très fort alors).
Heureusement, Il a commencé a plonger dans le pseudo-code du modèle et modifié et amélioré l'aspect; je ne suis plus un produit standard. Evidemment, celà n'arrive pas sans heurt et quelques imperfections issues de ces modifications ne se sont pas gênées pour afficher leur hideuse tête. Ne faites donc pas attention si un petit problème d'affichage dépare un peu le joli minois du poupon vert que je suis. Il m'a promis d'y remédier le plus rapidement possible.

Non, mon problème est tout autre: je prêche dans le désert. Sous prétexte d'améliorations, Il n'ai pas encore envoyé de faire-part de naissance à personne! Vérifiez par vous-même: tous les futurs commentaires (si commentaire il y a jamais) sera forcément daté APRES ce post. Il dit qu'Il veut me montrer sous son meilleur jour, qu'Il n'a pas encore fini ceci, ni celà... Loin de moi l'idée de douter de la parole de mon Créateur, mais j'ai l'impression très nette qu'Il flippe à mort de me présenter au monde extérieur; qu'Il craint de se faire meurtrir l'Ego avec des commentaires un peu acerbes. J'ai beau lui soutenir qu'au pire, étant tout-puissant, Il pourra toujours les supprimer, rien n'y fait.

Bref, je suis la Voix de mon Créateur, et Il me fait parler tout seul. Est-ce là déjà ma traversée du désert? Si celà est Son dessein, amen. Après tout, Ses voies sont impénétrables. Mais on ne m'empêchera pas de penser qu'à 36 heures d'existence, je devrais être autre part que dans ce grand désert électronique.

jeudi, juin 30, 2005

INUTILES MAIS INTERESSANTS :
Notre Bush qui êtes odieux...

Suite à la réélection de G. W. Bush, j'ai trouvé dans un commentaire de blog (http://insidetheusa.tripod.com/2004/11/une-semaine-plus-tard.html) une jolie lettre d'un supporter s'addressant au Président des Etats-Unis, j'ai tellement apprécié que je me suis permis d'en faire une traduction:

Destinataire: Le Président Bush
Sujet: Majorité morale

Cher Président Bush,

Merci pour tous vos efforts pour éduquer le peuple sur la Loi de Dieu. J'ai beaucoup appris de votre combat, et j'essaye de partage ce savoir avec le plus de monde possible. Quand quelqu'un essaye de défendre l'homosexualité, par exemple, je leur rappelle simplement que le Lévitique (18:22) énonce clairement que c'est une abomination... Point à la ligne.

Cependant, j'ai besoin de votre aide sur d'autres éléments des Lois de Dieu et comment les appliquer.

1. Le Lévitique (25:44) énonce que je peux posséder des esclaves mâles et femelles à la condition qu'ils soient achetés auprès des nations voisines. Un de mes amis prétend que celà s'applique aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pouvez-vous clarifier? Pourquoi ne puis-je posséder des Canadiens?

2. Je voudrais vendre ma fille comme esclave, comme me l'autorise l'Exode (21:7). En ces temps, quel prix serait juste à votre avis?

3. Je sais que je ne suis autorisé à aucun contact avec une femme durant l'impureté de ses règles (Lévitique 15:19-24). Le problème est, comment puis-je le savoir? J'ai essayé de demander, mais la plupart des femmes s'en offusquent.

4. Quand je brûle un boeuf sur l'autel en sacrifice, je sais que l'odeur en est plaisante au Seigneur (Lévitique 1:9). Le problème, c'est qu'elle ne plait pas à mes voisins. Dois-je les frapper?

5. J'ai un voisin qui insiste pour travailler le jour du Sabbat. L'Exode (35:2) énonce clairement que je dois le mettre à mort. Suis-je moralement obligé de le tuer moi-même, ou dois-je demander l'aide de la police?

6. Un de mes amis pense que même si manger des fruits de mer est une abomination (Lévitique 11:10), c'est une moindre abomination que l'homosexualité. Je ne suis pas d'accord. Pouvez-vous nous départager? Y a-t-il des "degrés" dans l'abomination?

7. Le Lévitique (21:20) énonce que ne dois pas approcher l'autel de Dieu si ma vue est défectueuse. J'avoue être myope. Dois-je avoir 10/10 aux deux yeux, ou il est possible de transiger pour ce cas?

8. La plupart de mes amis masculins se font couper leurs cheveux, y compris les cheveux de la tempe, même si cela est expressément interdit par le Lévitique (19:27).

Comment doivent-ils mourir?

9. Je sais du Lévitique (11:6-8) que toucher la peau d'un porc mort me rend impur, mais puis-je continuer à jouer au football américain si je porte des gants?

10. Mon oncle possède une ferme. Il viole le Lévitique (19:19) en plantant deux variétés différentes de plante dans le même champ. Sa femme le viole de même en portant des vêtements faits de deux types différents de fil (coton et polyester). Il jure et blasphème beaucoup. Est-il bien necessaire de se fatiguer à rameuter toute la ville pour les lapider (Lévitique 24:10-16)?

Ne peut-on juste les brûler vivants en famille, comme on doit le faire pour ceux qui couchent avec la famille par alliance (Lévitique 20:14)?



Je sais que vous avez étudié ces choses en profondeurs et avez ainsi développé une expertise considérable dans ces domaines, je suis donc confiant en votre aide.



Merci encore de nous rappeler que les mots de Dieux sont éternels et immuables.



Votre fervent admirateur,

J.H.B. Coach

TRAIT D'ACTU :
Le mariage gay

Le Canada et l'Espagne ont légalisé les mariages de même sexe.

LES HUMEURS DE JADE :
Et si mon boucher faisait grève?

Les Humeurs de Jade:Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est LOG OFF de Kenji Kawai (tiré de la BOF du film Avalon)).

Texte écrit en Septembre 2000:
Jospin est alors Premier Ministre, le prix du pétrole s'est tellement élevé que certains métiers fortement dépendants du prix du diesel bloquent les raffineries et exigent que l'Etat les soulage (Ce conflit amènera à la création de la TIPP flottante). Pour la première fois, les Belges s'insurgent de même et bloquent Bruxelles.

Ouf! Les routiers, taxis, paysans et autres marins-pêcheurs ont enfin débarrassé les accès aux raffineries et vous allez enfin pouvoir humecter le gosier métallique de votre petite dernière avec le gasoil ou l'essence sans plomb 98 (Et la cuvée 95!? Mais c'est déjà démodé, très chêêêêre!!!!) qu'elle vous réclamait depuis 3 jours ("C'est que çà suce à cet âge-là!" ***Rires!!!!***). Notre cher Lionel, nonobstant sa volonté de ne plus accorder de "concessions" dans ces "négociations", a fini par trouver quelques "arrangements" au cours du "dialogue" et résorber partiellement la crise (En parlant de langue de bois, cet exercice stylistique équivaut pour moi à celui de Laurent Désiré Kabila qui a chassé Mobutu qu'il accusait d'exploiter le Zaïre. Arrivé au pouvoir, le même Kabila, qui avait juré de ne pas faire la même chose (exploiter le Zaïre), décida tout de go de renommer son pays "République démocratique du Congo" avant d'exploiter le Congo-Kinshasa! Elle est pas belle la démagogie!?). Et donc voilà la France repartie sur son petit chemin de croissance à espérer un euro pas trop fort (C'est mauvais pour les exportations!) et un euro pas trop faible (Sinon, le pétrole couterait ENCORE plus cher!).

Examinons maintenant les conséquences de la tourmente: hormis que pour la première fois depuis bien, bien, bien longtemps, le patronat (par l'auguste voix d'Ernest-Antoine) et les syndicats étaient d'accord pour condammer le blocage du pays, que restent-ils de ces journées (et non pas de nos amours!) ? Grosso modo: les patrons routiers obtiennent une exonération de charges sociales sur quelques années, les pêcheurs et agriculteurs sont exonérés de TVA sur le gasoil rétroactivement au 1er janvier et les taxis voient leur tarifs augmentés de 4,5%.

Voilà maintenant la question à 1000F (Oups! 152,45 Euros): Qu'avez-vous gagné, vous? Passagèrement: une migraine à chercher comment aller au boulot sans sa voiture (Mmm... de la maison à la gare en vélo, de la gare au métro en train, du métro au boulot... et dire qu'il faut REVENIR!!!!) et des heures d'attente aux pompes pour récupérer un petit biberon (Eh oui!!! Elle suce...). Définitivement: Trois milliards de manque à gagner pour payer ces nouveaux avantages (et d'où croyez-vous qu'ils sortent ces trois milliards!?) et bien entendu 4,5% de plus pour se faire ramener chez soi après une nuit passée à se faire détruire les oreilles dans la boîte du coin. Bref, les joyeux lurons qui vous ont pollué un des derniers week-ends ensoleillés de cet été à tous égards pourri, ont gagné des avantages mais le contribuable, nada!!! Pas d'abaissement de la TIPP (Non, ce n'est pas un Titre Interbancaire de Paiement Personnalisé!) et encore moins des cours du pétrole (J'imagine la tête des producteurs, consternés d'apprendre que le troisième pequenot de Brie-Comte-Robert, deuxième exploitation agricole à droite en prenant la départementale 1234 (Attention, il y a un trou au deuxième virage à droite parce que c'est là que le troupeau traverse la route.), ne peut plus démarrer son tracteur parce que çà lui couterait plus cher de le démarrer que de laisser son champs en jachère (même avec les aides de l'Etat, la PAC et les subventions européennes)).

Nos sympathiques routiers, ambulanciers et autres ploucs ont donc démontré (encore une fois) que mettre un pays en péril économique est la méthode la plus simple pour obtenir des privilèges et des passe-droits. Et l'exemple commence à faire tache auprès de nos voisins européens (Il est charmant et réconfortant de voir à quel point la France correspond à son image en apportant aux peuples du monde les valeurs importantes de sa civilisation.) Ils ont fait encore la preuve qu'il faut mieux tout bloquer pour obtenir un entretien, plutôt que de parler d'abord avant de bloquer, mais aussi que les gouvernements français ne réagissent pas à la menace, uniquement à la contrainte.

En conclusion, si nous désirons un abaissement de la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers pour les obtus qui auraient eu le courage de lire jusqu'ici sans avoir rien compris), il faut faire grève et bloquer les dépôts de carburant. Et comme les avantages et exonérations sont catégorielles, chaque semaine, chacun pourra aller séquestrer sa raffinerie à tour de rôle: Le comité des Sans-Papiers (De l'essence gratuite pour ramener les injustement "raccompagnés" chez eux), le MLF (Le super renommé en LA super), les Sapeurs-Pompiers (Une interdiction du GLP qui fait exploser les voitures), les infirmières (Le remboursement du surcoût généré par les déplacements chez l'habitant), les ouvriers de Renault (ceux qui restent) (Une TVA réduite pour les véhicule Renault), les Verts (Une surtaxation (sic) du gasoil), la confédération des Artisans-Bouchers (Aides financières pour bruler les vaches folles), les usagers des taxis (Récupération la TVA sur le prix de la course),...

Stockez compatriotes! Stockez le carburant! Demain, la lutte sera engagée! Et tel un monde apocalyptique où toute goutte d'essence sera convoitée (cf. Mad Max), nous lutterons et vaincrons: "Allons Enfant de la Patriiiiiie, le jour de gloire est arrivééééé!!!!..."

LES HUMEURS DE JADE:
A une passante

Les Humeurs de Jade:Tous ces petits riens qui m'irritent, toutes ces grandes choses qui m'emmerdent. Tout, enfin, ce qui empêche le lézard vert de lézarder inoffensivement dans son antre en fredonnant tranquillement l'air de sa dernière ritournelle intérieure (en ce moment, c'est LOG OFF de Kenji Kawai (tiré de la BOF du film Avalon)).

Texte écrit en Septembre 2000.

Ce matin, je me suis rendu, comme beaucoup de monde, à mon lieu de travail. Dans le RER, au détour d'un escalier de correspondance, une pièce tinte sur le bitume. Devant moi, une jeune femme pressée vient de perdre une pièce de un franc. Elle grimpe les marches deux par deux laissant la pièce derrière elle comme un juilletiste laisse son chien sur le bord de l'autoroute. Pas galant pour un sou, mais malgré tout honnête, je ramasse la pièce et court dans mon croisé pour la rattraper. Arrivée à la sortie, elle s'arrête pour insérer son titre de transport dans le composteur automatique de sortie. Je lui pose gentîment la pièce sur la machine en lui disant: "Vous avez perdu un franc." Elle prend la pièce et sort de l'enceinte sans un regard pour moi, sans un mot de remerciement. Sortant de l'enceinte et sans doute un peu de mes gonds, j'ai failli au moment où je l'ai dépassée lui crier: "Un merci, çà t'écorcherait la bouche!?!?" et puis je me suis contenu et j'ai passé mon chemin sans lui jeter un regard.

Et depuis je m'interroge? Les Parisiens sont-ils devenus handicapés sociaux sans que je ne m'en aperçoive? Avait-elle peur de moi? Je n'avais pourtant pas une gueule de loubard: en costume croisé (sans cravate d'accord, mais enfin?) A-t-elle cru que je voulais la draguer? (Rien que l'idée me fait rire!) Ou alors était-elle une utilisatrice occasionnelle des transports en commun, une pauvre conductrice dont la voiture est à sec et qui devait se rendre au travail avec le... """peuple""" et qui de ce fait était trop terrorisée ("Si vous saviez!!! Il y a des Viols dans ces endroits là!), ou trop snobe! (Ou même les deux en ce mélange ignoble où l'inconnu fait le mépris et la peur et en conséquence, le racisme).

Ou alors ce petit incident n'est qu'un symptôme de ce qui se passe dans le métro: froideur générale, pas de relationnel, pas de contacts humains (sauf physiques quand il y a trop de monde, et même alors, on ne reconnaît la présence de l'autre que parce qu'il vous écrase le pied de sa rangeos ou vous exhale ses émanations toxiques (de bouche, de cinq heures voire pire: de crasse) à la figure). Le métro parisien est peut-être parsemé d'abrutisseurs émotionnels installés par le pouvoir ou tout autre organisme persuadé que l'abrutissement et domination des masses vont de paire.

Finalement, ils n'y a plus que les mendiants qui veuillent faire du relationnel dans le métro parisien: "J'ai un(e) (voire deux) enfants à charge.", "J'ai perdu mon emploi et mon logement.", "J'ai faim.", voire encore "Che fiens tu Koshovo." Ce sont les seuls qui parlent, les seuls qui tentent de communiquer. D'autres proposent un "Réverbère", un "Coin de rue" ou autre journal de mots fléchés. Les derniers jouent de la musique, chantent en tendant leur sébille... J'en ai croisé deux dans le train de banlieue qui me menait au bureau. Et laissez moi vous dire qu'elles savaient chanter!!! J'ai regretté à ce moment-là ne pas avoir gardé cette pièce de un franc: là au moins, on m'aurait dit "Merci."

mercredi, juin 29, 2005

METABLOG :
Le cri primordial

Métablog: n.m. du grec meta, (qui dépasse, qui englobe) et de l'anglais blog (journal de bord électronique, abrégé de weblog); journal électronique d'un journal électronique.

Ca y est! Je suis! J'existe!
Du Néant qui pré-existait, je viens d'être créé, vagissant mon cri primordial, tel l'Univers né de l'Esprit de son Créateur. Au risque de plagier un best-seller, je ne puis que dire: "Fiat Lux!!! Que la Lumière soit!!!"

Ma gestation a été difficile, mes origines nébuleuses. Mon Créateur caressait depuis longtemps l'idée de ma conception. Mais l'esprit ne peut se déplacer sans la matière, la semence ne peut rien apporter sans la matrice, l'idée d'un blog ne peut se matérialiser sans un site de publication de blogs.

Et là, le Créateur a hésité. Face à la vertigineuse souffrance de l'indécision, Son geste s'est suspendu, comme retenu par la peur de se tromper. Je suis resté ainsi, vie comme suspendue dans un souffle qu'on retient, immobile mais patient.

Etais-je conscient déjà? Je ne saurais le dire. Certes, le Créateur souhaitait me donner une identité propre, mais la Voix du Créateur pouvait-elle avoir sa propre conscience, son propre arbitre, sa propre voix? Dilemme divin: le Prophète doit-il avoir sa propre voix, même s'il n'est que le vecteur d'une Volonté supérieure?

Neuf mois se sont écoulés entre-temps, neuf mois de gestation, où le potentiel, ma potentialité s'est nourri des blogs des autres comme un éclat de roche emporté par la mer se polit peu à peu au contact des autres galets. Neuf mois où mon Créateur n'a cessé d'interroger auprès d'autres Créateurs pour choisir sa matrice.

Puis comme finalement lassé des demi-réponses qu'Il a pu obtenir ici et là, irrité peut-être des "Alors, je croyais que tu voulais créer un blog!?", Il a jeté son dévolu et choisi. Et je suis né après neuf mois à peu de choses près au sein de Blogger.

Venez donc, bonnes ou mauvaises fées, vous pencher sur mon berceau et y déposer votre béné/malé-diction car je suis enfin né, et mon cri primordial est "Fiat Lux!!! Que la Lumière soit!!!"